Un petit matin d’hiver doux, veille d’épiphanie
Un fils nous est donné
Un aimé de Dieu s’est manifesté.
Celui qui a tressailli a réussi
L’exploit de jaillir du bain sombre et tiède
Et de baigner de félicité l’entière maternité.
Nous vivons l’aube de son long intermède.
Ses mouvements de nourrisson fascinant
Sont ceux d’un danseur en apesanteur
Toi, l’enfant, tu suspend le temps présent, sans peur
Tigre de Minuit à la chevelure empire
Ton sourire merveille nous rend confiant pour l’avenir.
jeudi 12 janvier 2023
Naissance de Théophile
dimanche 1 janvier 2023
L'échange entre la nature et les êtres dans la poésie chinoise de l'ère Tang
Jean-Marie Gustave le Clézio, prix Nobel de littérature, nous fait découvrir dans son livre "Le flot de la poésie continuera de couler" la poésie chinoise de l'ère Tang (618-907).
J'y ai retenu un remarquable et inspirant échange entre la nature et les êtres, et même un amour de la nature pour les hommes.
Les oiseaux s’effacent en s’envolant vers le haut
Un nuage solitaire s’éloigne dans une grande nonchalance
Seuls, nous restons face à face, le Mont Jingting et moi
Sans nous lasser jamais l’un de l’autre
Près de l'étang poussent des herbes printanières
Des oiseaux nouveaux occupent les saules du jardin
mercredi 30 novembre 2022
Purcell et King Arthur
dimanche 8 mai 2022
L'énergie hydrogène au coeur de la transition énergétique -
une conférence de la Société d'Ecouragement de l'Industrie Nationale
avec Sosthène Grandjean
Quel est le sens de nos vies ? - Père Ceyrac
Quel est le sens de nos vies? Que cherchons nous ? Pour quoi nous sommes faits?
Sommes-nous faits pour étudier? Sûrement pas !
Bien sûr il faut étudier, mais nous ne sommes pas faits pour ça. Sinon il faudrait que tous étudient tout le temps!
Sommes-nous faits pour passer des examens? Sûrement pas!
Il faut le faire mais nous ne sommes pas faits pour passer des examens!
Sommes-nous faits pour fonder un foyer, avoir un métier? Sûrement pas!
il faut le faire, mais nous ne sommes pas faits pour ça!
Pour vieillir et pour mourir? Sûrement pas§ Nous ne sommes pas faits pour ça!
Alors pour quoi sommes-nous faits?
Dans une phrase d'une densité incroyable, saint Jean nous le dit: Nous sommes faits pour voir Dieu, et le voyant tel qu'il est, lui devenir semblables (cf jn 3,2).
Quelle destinée extraordinaire! Voir Dieu face à face et devenir comme lui! Comme l'a toujours affirmé la grande tradition chrétienne, nous sommes faits pour Dieu, et lui peut nous satisfaire. Lui seul peut nous "combler". Nous sommes des "vides", des "creux", des "capacités" de Dieu! "Capax Dei", comme disaient les Pères de l'Eglise. Et nous serons toujours insatisfaits, dit Saint Augustin, tant que nous ne le verrons pas. Il est la Beauté infinie et l'Amour infini, et c'est pour cela que nous sommes faits. C'est ce que nous ne cessons de chercher. Nos vies sont une marche sur les traces de Dieu, à la recherche de Dieu. Tout est reflet de Dieu, et à travers ces reflets, c'est lui que nous cherchons.
Pierre Ceyrac, S.J.
Le père jésuite Pierre Ceyrac (+2012), né en Corrèze, a été missionnaire en Inde pendant presque toute sa vie, excepté une longue parenthèse avec les réfugiés du Cambodge (1980-1992). Son action a tiré des millions d'hommes et femmes de la misère.
Comment prier?
Une école d'oraison peut nous apprendre à prier. Le très bon site de cette école d'oraison (lien) nous en donne la matière.
J'en tire une structure de prière d'oraison, très personnelle, qui peut durer 15 à 30min.
- Premier temps: Préparation du corps
Détendre ses membres, faire une mini relaxation, souffler. L'âme et l'esprit suivent la détente du corps, et se relâchent en même temps.
-Deuxième temps: Mise en présence du Seigneur progressive
* Faire un beau signe de croix.
* Faire un acte de foi profond et croire ainsi: "Jésus tu es là, tout au fond de mon cœur, tu me regardes, tu me connais en profondeur, tu m'écoutes avec beaucoup d'amour. "
- Troisième temps: Dialogue avec Jésus
* Parler à Jésus : lui dire tout ce qui m'anime. Ne plus tourner les pensées, les désirs, les craintes dans sa tête tout seul, mais les lui présenter simplement. Se décentrer vers Jésus
* Faire un acte d'humilité: lui dire qu'au fond ce qui compte c'est de faire sa volonté, pas ma volonté parfois désordonnée
* De nouvelles idées et de nouvelles sensations interviennent, ce sont les réponses de Jésus, ce sont des signes de son Esprit Saint
* Il y a des distractions, on oublie que Jésus est là, on oublie sa présence. Prendre conscience de sa distraction, cela permet de se remettre en présence du Seigneur
- Quatrième temps: Méditation de l'Evangile
* Prendre l'évangile du jour ou un évangile choisi
* Le lire plusieurs fois. S'imaginer être dans la scène. Se laisser surprendre par les situations, les réactions, les paroles de Jésus, et qualifier le ressenti : est-ce que cela me nourrit, est-ce que cela m'interpelle, est-ce que c'est un profond mystère insondable, est-ce que cela étanche une soif..
- Cinquième temps: Fin de l'oraison
* Relire rapidement l'oraison. Se souvenir du bien, des bonnes choses que nous avons vécues: ce sont des grâces.
* Noter ce qui nous a marqué (sur un carnet idéalement)
* Rendre grâce et dire temporairement en revoir au Seigneur par un Notre Père
* Faire un beau signe de croix
A noter:
- Le canevas de l'école d'oraison (lien) pourra aider chacun à structurer sa prière.
- L'application Prie en Chemin est excellente pour guider cette prière
mardi 15 février 2022
Intelligence Artificielle et liberté de l'homme chrétien
Partons de cette réflexion d’Henry Kissinger, grand diplomate américain - qui n’est pas connu par sa grande spiritualité mais plutôt pour la puissance de sa pensée et son réalisme froid - à propos des conséquences de l’intelligence artificielle sur la politique, dans deux articles de la revue “Atlantic”, cité par Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis dans son livre récent “le diplomate du siècle”
“l'ère de l’informatique a d’abord amené le règne de l’information aux dépens de la réflexion. Les faits submergent le décideur, qui d’une part, n’a ni le temps de la réflexion, ni l’option du silence, de l’attente et du long terme et qui d’autre part, ne plus, physiquement et intellectuellement les trier et les hiérarchiser. Trop d’information tue l’information mais en appelle encore toujours plus. Jamais on en a su autant, jamais on n’en a compris si peu. Dans ce contexte, l’émotion et le consensus tiennent lieu d’une réflexion, dont nul n’a plus le temps. Le risque est alors grand que face, à cet océan de faits, ne s’impose progressivement la tyrannie des algorithmes pour les traiter et l’expulsion volontaire de l’homme de la définition de son propre destin.
“Il n’est pas besoin de tout savoir pour tout comprendre. les questions qui se posent à l’homme depuis la nuit des temps n’on pas changé sur le fond, même si elles se présentent de manière drastiquement différente” Il faut savoir résister à la tyrannie de l’instant .
Cette réflexion soulève des questions pour l'homme et le chrétien:
Quelle conscience avons-nous de l’influence des algorithmes sur notre liberté ?
Comment exercer notre liberté de chrétien face aux opportunités et aux tyrannies de l’IA ?
Conscience de l’influence des algorithmes
- Face positive des algorithmes qui aident l’homme: à se déplacer (GPS), à communiquer (internet), à ne pas mourir bêtement d’un accident de la route (les feu rouges, les radars, les voitures autonomes…), à ne pas être aliéné par un métier abrutissant (robots), à retrouver une autonomie (cf le pilotage par la pensée d'un exosquelette pour les tétraplégiques), à décider (data permettant d’orienter la stratégie de lutte contre une pandémie), à guérir l’homme (tout le champs de l’informatique et de la robotique médicale)...
- Face sombre des algorithmes;
- immédiateté, attentes de réactivité qui donne l’impression d’une accélération du temps
- influence subliminale et non consciente qui impacte la liberté de l’homme
i.e les cookies qui jouent un rôle dans nos décisions: suggestion de voyages en avion pour des prix ridiculement bas, qui poussent à décider par pulsion un voyage non forcément souhaité (proportion importante des réservations de vols)Algorithmes de manipulation politique: (cf l’affaire de Cambridge analytica qui exploitait les données privées de Facebook pour influencer les intentions de votes - en particulier pour influencer l’opinion publique en faveur du Brexit)
- Syndrome du Saint Thomas Inversé, induit par les algorithmes de suivi sur internet et l'avalanche d'information qui nous ramènent toujours et encore à nos "bulles communautaires", nos centres d'intérêts et à nos croyances. Nous sommes amenés à ne voir que ce que nous croyons (et non pas comme St Thomas à ne croire ce que nous voyons)
- Amenuisement du contact humain (outils de télétravail sur utilisés, remplacement de la personne par son avatar numériques, usines 100% robotisées)
- Perte du lien avec la réalité (addiction aux jeux virtuels, univers parallèles, métaverse , cryptomonnaie...)
- Dépendances/addiction aux machines (dépendance au smartphone)
- Risque de cyberattaques fatales, que devient notre entreprise si elle perd son système informatique?
...
Comment exercer notre liberté de chrétien face aux opportunités et aux tyrannies de l’IA ?
- Le guide des EDC “ la spiritualité d’un homme d’action nous éclaire sur ce qu’est notre liberté de chrétien :
La liberté devrait être la marque spécifique du chrétien. « Si vous me demandez pourquoi je suis chrétien, disait le Père Varillon, je vous répondrai : j’ai choisi l’Évangile comme éducateur de liberté. » Or la liberté évangélique n’est pas caprice ou fantaisie, elle n’est pas soumission à l’instinct, licence ou abandon à la facilité. « C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage », écrit Paul aux Galates (Ga 5, 1). « La liberté, écrit encore le Père Varillon, ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à vouloir ce que l’on fait, c’est-à-dire à assumer la responsabilité de ses actes. Un homme n’est authentiquement un homme que lorsqu’il assume la responsabilité de sa vie. » L’homme libre sait où il va et veut ce qu’il fait
Dieu n’est jamais plus présent à nous même que dans le processus de décision où l’on cherche à faire la volonté de Dieu, c’est à dire à se comporter en homme libre.
La volonté de Dieu n’est pas le diktat d’un maître lointain. Elle se révèle peu à peu à celui qui sait écouter, dans le silence, sa voix venue du plus profond.
La réflexion, la prière, la lecture attentive de la Parole de Dieu et la relecture de notre vie sont des exercices comme le sont la marche, la natation et le saut à la perche. Faire retraite à l’école d’Ignace signifie acquérir une certaine discipline intérieure, qui permet de devenir un homme libre.
Chercher à décider librement pour faire la volonté de Dieu revient à venir faire habiter Dieu dans son coeur : Maurice Zundel L’Evangile intérieur p. 18
"Parce qu’il est Amour, Dieu veut habiter le cœur de l’homme. Ou comme le dit saint Augustin, le plus intime du plus intime du cœur. Mais il n’entre pas dans l’intime de la personne par effraction, car l’Amour respecte la liberté. Comme il est dit dans l’Apocalypse (3, 20): «Voici que je me tiens à la porte et que je frappe. Si tu entends ma voix et ouvres la porte, j’entrerai chez toi et je partagerai le repas avec toi». Quelle humilité de Dieu! La demeure par excellence de Dieu, c’est donc le cœur de l’homme. C’est plus important que les églises de pierre, même si elles sont des lieux très concrets où l’on peut découvrir de visage de Celui qui frappe à la porte du cœur."
-> l’homme ne change pas, exercer sa liberté de chrétien dans les décisions est une discipline à vocation universelle qui existait avant l’IA et qui on l’espère - survivra à l’IA
- Il convient donc de discerner le rôle des algorithmes dans nos processus de décisions libres
Est-ce qu’ils nous poussent à décider plus vite ?
Comment influencent-ils la décision personnelle? comment pouvons nous couper de cette influence ?
quel est le raisonnement qui sous-tend l’algorithme? quelles sont ses conséquences pour l’entourage, pour les plus faibles ?
Dans notre entourage, dans notre entreprise, qui sont les gagnants de l’IA, qui sont les perdants de l’IA ? Si nous sommes du côté des gagnants, comment pouvons-nous contribuer à "repêcher les perdants”?
Comment pouvons nous investir, voir nous engager pour soit
faire acte de résistance face à une IA néfaste
ou faire advenir une IA respectueuse de nos valeurs chrétiennes , une IA instrument du Royaume, i.e respectueuse de l’homme, de son intériorité, qui ralentisse le temps, qui aille à l’essentiel, qui invite à la réflexion, qui éclaire simplement la décision ?
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